Fissure fine ou fissure grave : les cinq questions à se poser
Toutes les fissures ne se valent pas. Cinq questions simples pour évaluer la situation avant d'appeler un professionnel.

Quand une fissure apparaît, la première question est toujours la même : est-ce grave ? Il n’existe pas de réponse en un coup d’œil, mais cinq questions simples permettent de se faire une première idée, et surtout de savoir à quel point il est urgent d’agir.
1. Quelle est sa largeur ?
On distingue en général, à titre de repère :
- la microfissure, de l’ordre d’un cheveu, souvent dans l’enduit seul ;
- la fissure, jusqu’à environ 2 mm ;
- la lézarde, au-delà, qui traverse en général le mur.
La largeur seule ne suffit pas : une fissure de 0,3 mm qui s’ouvre vite est plus préoccupante qu’une fissure de 2 mm stable depuis dix ans. Mais une fissure large est un signal qu’il ne faut pas laisser sans examen.
2. Bouge-t-elle ?
C’est la question importante. Une fissure stabilisée est un désordre ancien, parfois esthétique. Une fissure évolutive, qui s’agrandit ou qui se prolonge, signale un mouvement actif de la structure ou du sol.
Pour le savoir, il faut mesurer dans le temps : photos datées avec un mètre dans le champ, ou mieux, une jauge posée sur la fissure. Certaines fissures s’ouvrent en été et se referment en hiver : il faut donc observer sur plusieurs saisons.
3. Quel est son tracé ?
- En escalier, le long des joints : souvent un tassement différentiel, voir l’article sur la fissure en escalier.
- Verticale, qui part d’un angle d’ouverture ou d’une jonction entre deux parties du bâtiment : fréquente aux raccords entre deux volumes.
- Horizontale, souvent au droit d’un plancher : plusieurs origines possibles, parfois liées au comportement de la dalle ou à la dilatation.
- En réseau fin, un faïençage, souvent limité à l’enduit.
4. Où se situe-t-elle ?
Une fissure sur un mur porteur, près des fondations, aux angles du bâtiment ou autour des ouvertures n’a pas le même enjeu qu’une fissure sur une cloison ou dans un simple enduit. Elle est aussi à rapprocher de la partie du bâtiment qu’elle affecte : une extension, un garage accolé, une terrasse.
5. Y a-t-il des signes associés ?
Certains indices ne trompent pas :
- portes ou fenêtres qui frottent ou ne ferment plus ;
- carrelage qui se fissure ou sonne creux ;
- plinthes qui se décollent ;
- fissure visible des deux côtés du mur, de part en part ;
- infiltrations d’eau au droit de la fissure.
Que faire ensuite ?
Si la fissure est fine, stable et sans signe associé, une surveillance suffit souvent. Si elle est large, qu’elle évolue ou qu’elle s’accompagne de l’un des signes ci-dessus, faites-la examiner avant de reboucher ou de lancer des travaux. Un diagnostic indépendant dit si le mouvement est actif, d’où il vient et ce qu’il faut réellement faire, avec un rapport écrit utilisable auprès de votre assureur ou des entreprises.